lundi 20 avril 2015

L’analyse transactionnelle

Qu’est-ce que L’analyse transactionnelle ?

Réponse M.Chafik HARTI
L’analyse transactionnelle ou l’AT est une méthode de traitement des troubles affectifs. Cette  technique a été inventée par Eric Berne dans les années 50. Eric Berne qui est un médecin, psychiatre et psychanalyste et qui avait comme objectif d’élaborer un modèle de fonctionnement psychologique et interpersonnel tout en réduisant la durée de la psychothérapie et en la rendant accessible à toutes les couches y compris celles moins aisées. L’Analyse transactionnelle utilise 4 méthodes principales pour comprendre le comportement humain :
*l’analyse structurale  qui permet de comprendre ce qui se passe à l’intérieur d’une personne;
*l’analyse transactionnelle qui permet de saisir ce qui se joue entre deux personnes;
*l’analyse spécifique des jeux et des rackets, qui permet de comprendre certains types de transactions dont le dénouement comporte des sentiments désagréables ou qui se terminent mal ;
*l’analyse du scénario qui permet de comprendre le plan de vie suivi par une personne.
L’Association Internationale d’Analyse Transactionnelle la définit comme une théorie de la personnalité et une psychothérapie systématique en vue d’une croissance personnelle et d’un changement personnel.

Quels sont ses principaux concepts ?

Réponse M.Chafik HARTI
Les états du moi, les transactions, les besoins de base, les positions de vie, le racket, le scénario de vie, les jeux psychologiques et l’autonomie sont considérés comme les principaux concepts de la méthode.
*Commençant par les états du moi, un état du moi est l’un des premiers concepts mis à jour par Eric Berne et c’est un des piliers de la théorie. Il désigne le système de pensées et de sentiments mis en évidence par un type de comportement correspondant. Ce concept ne doit pas être confondu avec le ça, le moi et le surmoi de Freud.
Le Parent, l’Adulte et l’Enfant constituent les états du moi et forment ensemble la personnalité de l’individu-signalons que l’usage de la majuscule est exigé pour faire la distinction-. Les 3 états du moi conservent les pensées, les sentiments et les comportements mais ce qui diffère, c’est que chacun des états conserve ceux relatifs à une période ou modèle donné. Le Parent intègre ceux des parents tels quels et tels qu’on les a lui  enseignés, l’Enfant comme les a vécus en période de son développement et l’Adulte se réfère à la réalité d’ici et maintenant.
Durant toute notre vie, nous observons nos parents, nous intériorisons ce qu’ils font, ce qu’ils disent, comment ils pensent, comment ils analysent et comment ils agissent ; nous faisons appel à nos expériences de l’enfance, nos émotions de l’époque et nos réactions et nous référons à notre vécu de l’instant et de notre réalité actuelle…et ce qui importe dans tout cela c’est que tout est gravé et à chaque moment on peut apparaitre avec une des 3 casquettes ainsi qu’aborder la réalité selon une des 3 références.
*Une transaction est un échange de signes de reconnaissance, verbal ou non verbal, entre deux états du moi constitué d'un stimulus et d'une réponse à ce stimulus. L'analyse des transactions permet de comprendre comment nous communiquons, de repérer et de traiter les dysfonctionnements dans la communication.
Les transactions peuvent être :
-Simples complémentaires : c’est le cas quand l’état du moi visé est celui qui répond.
-Simples croisées : l’état du moi émetteur reçoit une réponse d’un état du moi autre que celui visé, ou bien l’état du moi répondeur vise un autre état du moi que celui qui a émis la question.
-Cachées ou à double fond : ce sont des transactions dites complexes parce qu’une seule phrase comporte deux messages. Le premier message est appelé le message social, ce sont les mots prononcés, ce qui est dit verbalement. Le second est le message caché ou psychologique, ce sont les non-dits, mais qui peuvent – ou non – être très bien entendus par son interlocuteur. L’une des formes bien connues de ce type de communication sont les sous-entendus.
*Les besoins de base : Eric Berne s’est interrogé sur nos besoins de base, qu’il a appelé ‘’soifs’’ par analogie à la nutrition. On parle de 3 besoins ou soifs :
-Les besoins de structure : c’est le besoin d’avoir des limites pour se sentir rassuré et pouvoir pardonner soi-même quand on n’arrive pas à tout faire. C’est également le besoin de structurer son temps, sa journée et sa vie. Trop de charges fatigue et trop de rien faire fatigue également ainsi que grâce à la structuration on reste en équilibre.
-Les besoins de stimulation : c’est le besoin de rester en contact vif avec le monde et la vie dans son ensemble. C’est le besoin également de nourrir ses sens, de les stimuler, et de les faire vivre.
-Les besoins de reconnaissance :il s’agit du profond besoin qu’on a tous d’être connu et reconnu par autrui, le besoin d’être récompensé par un sourire, un mot, des applaudis…cette soif de reconnaissance varie d’une personne à l’autre en degré et en manière exigés.
*Les positions de vie : l’AT se base sur une hypothèse disant que la personne dès son jeune âge possède un certain nombre de certitudes sur lui-même et le monde qui l’entoure. On parle aussi de position OK avec deux possibilités OK+ et OK-.
*Le sentiment de racket : En Analyse Transactionnelle on considère qu'il y a 4 émotions de base : la joie, la tristesse, la colère, la peur. Mais dès notre enfance on commence à apprendre à refouler quelques-uns, à étouffer les autres en les remplaçant par des émotions disant autorisées. Ces derniers sont qualifiés de rackets ou parasites. Pourquoi refouler ces sentiments ? C’est tout simplement pour obtenir la reconnaissance et satisfaire un des besoins de base cités ci-dessus.
*Le scénario de vie : le scénario est défini comme un plan de vie inconscient reposant sur des décisions prises dans l'enfance, renforcées par les parents, justifiées par les événements ultérieurs, aboutissant à une fin prévisible et choisie. Ce concept permet de comprendre que les gens prennent dans l'enfance des décisions pour survivre et répondre à leurs besoins, et que plus tard ils continuent inconsciemment à se conformer à ces décisions même si elles sont dommageables.
*Les jeux psychologiques : c’est  le déroulement d’une série de transactionscachées, complémentaires, progressant vers un résultat bien défini, prévisible. Cela consiste sur en un échange entre deux ou plusieurs personnes dont le but réel pour chacun n’est pas la poursuite de la discussion au niveau de ce qui est dit mais de ce qui est dit et qui ne s’entend pas, le non-verbal ou le non-dit.
*L’autonomie : c’est un chemin, devenir autonome en analyse transactionnelle c’est développer la faculté à parcourir la vie en faisant des choix clairs et en les assumant, à avoir conscience de ses propres besoins et à savoir les satisfaire.

L’Analyse Transactionnelle…ça sert à quoi ?

Réponse M.Chafik HARTI
L’AT s’intéresse à tout ce qui concerne les relations humaines que ce soit la relation avec soi-même ou avec autrui. Parlant des relations, c’est évoquer tous les domaines de la vie ceux professionnels et personnels inclus.
Cependant, il y a des domaines qu’on considère comme des champs de spécialisation :
*En psychothérapie: l’AT est un outil parfaitement pratique et efficace pour les psychothérapeutes, ces derniers se basent sur la vision de la personnalité proposée par Eric Berne. La communication est encore mieux facilitée et la compréhension du patient est rapidement atteinte.
*En éducation et formation : un formateur maitrisant l’AT trouvera moins de difficultés à faire apprendre les élèves ou les étudiants. Le formateur s’adapte aux personnalités, communique et transmet mieux l’information et le savoir en outre d’avoir la capacité de contribuer au développement personnel et professionnel des apprentis.
*En organisation : c’est un moyen pour fructifier la communication, réduire les conflits, aligner les objectifs organisationnels à ceux du personnel, faire adhérer les parties prenantes aux projets de l’organisation…
Bref, l’AT sera trop bénéfique pour toute personne dont le travail quotidien implique le contact et l’échange, et partant du principe qu’on est des êtres sociaux ayant un besoin féroce de communication on peut déduire que cet outil est un vrai gisement à exploiter par nous tous !


M.Chafik HARTI



    dimanche 12 avril 2015

    les risques psychosociaux


    Les risques psychosociaux ne sont plus un phénomène ignoré. Pourtant, ils sont encore difficiles à traiter et analyser. Encore trop souvent, les entreprises viennent à se préoccuper de la problématique des RPS au moment où surviennent des conséquences parfois irréversibles.
    La prévention est aujourd’hui nécessaire pour créer des conditions propices au bien-être et à la qualité de vie au travail. Bien que cela soit difficile à mettre en œuvre, les entreprises comprennent que le travail peut être source de satisfaction, de créativité et d’épanouissement de l’individu, des circonstances bénéfiques à long terme pour tous.

    Mieux connaître les risques psychosociaux

    On qualifie de « risques psychosociaux » (ou RPS) les éléments qui portent atteinte à l’intégrité physique et à la santé mentale des salariés au sein de leur environnement professionnel. Ces risques peuvent recouvrir différentes formes : le stress, parmi les plus connus, mais aussi le harcèlement,l’épuisement professionnel et même la violence au travail. Ils sont la cause de plusieurs maux etpathologies (problèmes de sommeil, dépression, troubles musculo-squelettiques, maladies psychosomatiques, etc.).
    L’INSERM définit les RPS comme la combinaison d’un grand nombre de variables, à l’intersection des dimensions individuelles, collectives et organisationnelles de l’activité professionnelle, d’où leur complexité et leur caractère souvent composite.

    Les RPS les plus répandus

    Le stress

    Le stress professionnel  se caractérise par un déséquilibre entre les contraintes imposées par son activité professionnelle (temps réduit, conflits avec la hiérarchie ou les collègues, surcharge de travail…)et les ressources dont une personne dispose pour travailler dans un tel environnement. Et ceci est tout à fait subjectif puisque ces deux caractéristiques sont mesurées selon la perception de cette personne.
    Il y a deux sortes de stress :
    • le stress aigu : la personne doit affronter un stress ponctuel
    • le stress chronique : la personne fait face à des situations de stress à répétition voire même qui s’accumulent.
    Les facteurs de stress au travail sont jugés d’autant plus « toxiques » s’ils s’inscrivent dans la durée et sont subis par le travailleurL’accumulation de stress dits « antagonistes » est également source de maladies chez les salariés. C’est le principe exposé par le « job strain » de Karasek quand on exige du travailleur une forte productivité mais qu’il n’a qu’une faible marge de manœuvre ou encore dans le modèle Siegrist qui combine une forte exigence de productivité à de faibles bénéfices retirés de ce travail.

    Épuisement professionnel (« burnout »)

    L’épuisement professionnel est ce que l’on peut appeler le niveau supérieur d’une situation de stress prolongée. En effet, ce « burnout » est fréquemment la conséquence d’un investissement personnel et affectif important dans son activité professionnelle. On peut ainsi souvent le croiser dans les professions en lien avec la formation, la santé ou l’aide sociale.
    L’épuisement professionnel peut se manifester de la manière suivante : désintérêt pour le contenu de son travail,épuisement physique, mental, émotionnel ou encore dépréciation de ses propres résultats.

    Stress, dépression, burn outHarcèlement moral

    C’est une forme de RPS qui existe depuis des siècles mais à qui on a véritablement donné un nom seulement dans les années 1980. C’estHeinz Leymann qui l’a nommé sous le terme anglais « Mobbing », terme qui signifie « l’action d’une foule assaillant une personne ». En effet, le harcèlement moral réside dans l’intention, pour une personne ou un groupe de personnes, de nuire à une ou plusieurs autres personnes.
    C’est une action aujourd’hui punie par la loi tant elle constitue un désir volontaire d’atteindre l’intégrité d’une personne. Le harcèlement moral a des conséquences graves pour un salarié : cela remet non seulement en cause son droit au travail mais également son équilibre personnel, celui de sa famille et sa santé. Et c’est pourtant l’une des formes de violence les plus répandues aujourd’hui dans le monde professionnel.

    Violence et agressions

    La violence au travail peut se rencontrer à l’extérieur comme l’intérieur de l’entreprise. Elle peut être doncdu fait des clients comme des collègues par exemple et recouvrir des dimensions plus ou moins graves (harcèlement moral, agressions sexuelles…).
    Certains secteurs d’activité sont plus touchés que d’autres par la violence externe. Les activités de servicemultiplient les contacts qui peuvent créer des tensions voire dégénérer en conflits. Lesactivités dans lesquelles des personnes manipulent des objets de valeur (banques, bijouteries…) sont fréquemment à la une en termes d’agressions plus ou moins graves.
    Pour ce qui est des violences internes, on constate généralement deux choses :
    • l’auteur est fréquemment une personne bien intégrée à l’entreprise (il croit alors pouvoir justifier davantage son attitude)
    • la victime n’est pas nécessairement une personne jugée comme fragile (femme, jeune)

    Causes et conséquences des risques psychosociaux : une dimension complexe

    Les causes des risques psychosociaux

    La complexité des risques psychosociaux réside dans le fait que de multiples facteurs en sont à l’origine. En voici une liste non-exhaustive.

    Facteurs liés à l’environnement socio-économique de l’entreprise

    • Incertitude sur le devenir de son emploi voire même de l’entreprise,
    • Exigences accrues de compétitivité au niveau national et international.

    Facteurs liés aux relations de travail

    • Management déficient, autoritaire, peu participatif,
    • Absence d’entraide entre collègues et hiérarchies,
    • Absence ou faible reconnaissance du travail accompli.

    charge de travail  et risque psychosociauxFacteurs liés à l’organisation du travail 

    • Exigences contradictoires (vite et bien ? le client ou les quotas ?),
    • Répartition des tâches et planification hors de contrôle,
    • Contrats de travail instables (contrats précaires, sous-traitance),
    • Horaires de travail inadaptés (à la vie sociale et familiale, aux rythmes biologiques),
    • Missions imprécises,
    • Modes d’organisation modernes (polyvalence, flux tendu)

    Facteurs liés à la tâche ou liés au contenu du travail à effectuer

    • Risques liés à l’accomplissement de sa tâche (une erreur médicale pour un chirurgien),
    • Qualité de travail demandée très exigeante (une demande de forte précision),
    • Quantité démesurée de travail (une demande de fort rendement, une pression temporelle),
    • Difficultés liées aux missions (l’absence d’autonomie, la répétition).

    Facteurs liés à l’environnement physique et technique

    • Conception inadaptée des espaces de travail (éclairage…),
    • Nuisances physiques (bruit, chaleur, humidité).
    Chacun de ces facteurs, combinés à plusieurs des autres, va favoriser l’émergence de risques psychosociaux. Depuis bien des années, il est difficile d’arriver à maintenir tous ces indicateurs au beau fixe et nombreux sont les RPS cités chaque jour dans les médias.

    Les conséquences des risques psychosociaux

    Les RPS ont des impacts négatifs tant sur les travailleurs que sur leur entreprise.

    Des conséquences pour les salariés…

    Les risques psychosociaux peuvent engendrer des pathologies voire des accidents du travail et avoir des conséquences irréversibles :
    • troubles émotionnels
    • troubles du sommeil : peuvent altérer la vigilance
    • troubles digestifs : coliques, gastralgies, gastrites, colopathies…
    • hypertension
    • problèmes cardio-vasculaires et lipidiques
    • troubles métaboliques
    • troubles musculo-squelettiques (le stress est aujourd’hui reconnu comme étant une cause évidente de ces TMS)
    • troubles anxio-dépressifs
    suicide ou tentative de suicide (une expertise médicale ou psychologique est nécessaire pour établir un lien entre le suicide et le travail)

    … et pour les entreprises

    Ce qui impacte un salarié se répercute sur la bonne marche de son entreprise.
    • absentéisme : une absence du travail peut être plus ou moins justifiée. Bien sûr, on s’interrogera plus facilement si le salarié vient à manquer une journée en début ou en fin de semaine par exemple. Les absences pour « mauvaise raison » ou pour une maladie peu handicapante sont le signe d’un désinvestissement du travail au profit de la vie extraprofessionnelle.
    • productivité en baisse
    • grèves, mouvements sociaux, procédures judiciaires (cas du harcèlement notamment)
    • augmentation du turn over (taux de rotation du personnel) : que celui-ci soit directement du fait des salariés (démission) ou non (licenciement, inaptitude, départ en retraite anticipée)
    • actes de malveillance ou de violence au travail : comme nous l’avons vu précédemment, ils sont tant bien une cause qu’une conséquence
    La prise de conscience de toutes les dimensions des RPS amènent aujourd’hui tous les acteurs de l’entreprise à réfléchir à cette problématique. Mais cela ne s’arrête pas là : toute la société est concernée.

    Agir pour prévenir les risques psychosociaux

    Difficile de mettre en place des actions de prévention lorsque l’on ne sait pas comment gérer le phénomène des risques psychosociaux. Nombre d’entreprises s’attachent donc aujourd’hui à en détecter les signes grâce non seulement à des études qualitatives mais aussi par le biais d’observations.
    Bien souvent, ce sont les conséquences des RPS qui se font remarquer. Néanmoins, de plus en plus d’entreprises, avec l’aide des partenaires sociaux et tous les acteurs de l’entreprise, parviennent à mettre en place des analyses sur les facteurs que sont par exemple l’organisation du travail et l’agencement des zones de travail.
    La prévention des risques psychosociaux n’a réellement été initiée que dans les années 2000 avec des accords nationaux interprofessionnels sur le stress principalement.
    Diagnostiquer précisément les facteurs de risques psychosociaux dans le but de les éviter ou du moins limiter leurs conséquences est très difficile. En effet, chaque entreprise est unique et peut rencontrer des situations tout à fait différentes des autres. La résolution des problèmes fait donc appel à desmesures spécifiques. Par ailleurs, il est judicieux, pour garantir une certaine efficacité, de prendre les mesures nécessaires en concertation avec tous les acteurs concernés de l’entreprise (le CHSCTnotamment). D’autres organismes peuvent apporter leur aide :
    • les organismes de prévention : CRAM, MSA, ANACT et ARACT, OPPPBTP…
    • les services de santé au travail
    • des consultants extérieurs…
    • des médecins du travail spécialisés en gestion du stress au travail
    • les IPRP spécialisés en ergonomie, en psycho-ergonomie ou en organisation du travail

    Une prévention à trois temps

    Les actions de prévention peuvent intervenir à trois moments bien distincts.
    • La prévention primaire
      Elle correspond à l’ensemble des actions ayant pour but d’identifier et éliminer les facteurs de risque à la source. La prévention primaire est idéale dans la mesure où l’on évite les problèmes avant qu’ils ne se posent. Néanmoins, elle est très complexe à mettre en place : il faut établir un panel très étendu de situations possibles et donc d’actions d’anticipation.
    • La prévention secondaire
      Elle vise à limiter les conséquences des RPS sur les personnes présentant déjà des symptômes. C’est une prévention appelée « corrective » qui intervient seulement sur une partie des facteurs, les facteurs que l’entreprise aura le plus facilement repérés après la mise en œuvre d’une démarche de détection des RPS.
    • La prévention tertiaire
      C’est le niveau le plus insuffisant mais qui peut néanmoins marquer le début d’une réflexion pour l’entreprise. La prévention tertiaire consiste à intervenir sur une personne ou un groupe de personnes déjà atteintes pour que leur état ne s’aggrave pas. Elle englobe des actions menées dans l’urgence pour aider les travailleurs en incapacité de faire leur travail
    De manière plus pratique, si l’on prend l’exemple du stress. La prévention primaire consiste à réduire celui-ci avant l’apparition d’un stress chronique. Les programmes de « gestion individuelle du stress » sont les actions les plus fréquentes de la prévention secondaire. En ce qui concerne la prévention tertiaire, pour un individu présentant des troubles anxio-dépressifs dus au stress par exemple, il s’agit plutôt de mettre en place une psychothérapie.
    La prévention est essentielle dans le traitement des risques psychosociaux. Et il est important qu’elletienne compte des individualités pour être efficace. En effet, instaurer des réunions de débriefing est souvent efficace lorsque des tensions sont constatées dans un groupe. Néanmoins, chaque individu réagit différemment et instaurer des solutions adaptées est donc plus efficace à long terme.

    addiction au café et risque psychosociauxDétecter les symptômes sur les individus

    On classe généralement les symptômes des RPS en trois classes :
    • Les symptômes physiques : migraines et maux de tête, muscles tendus, fatigue inexpliquée, digestion difficile, malaises, etc.
    • Les symptômes psychologiques : agacement, inquiétude, énervement, découragement, tension, problèmes de sommeil, insatisfaction, crises de larmes, etc. autant d’émotions qui s’ajoutent les unes aux autres
    • Les symptômes comportementaux : addictions de plus en plus prononcées au café, au tabac et/ou à l’alcool, troubles alimentaires (anorexie, boulimie), tendance à l’isolement, agressivité, etc.
    Tous ces symptômes varient en fonction de chaque individu et chaque situation, d’où leur aspect complexe. Il est donc fondamental d’analyser chaque individu avec beaucoup de précautions.

    Dépister les risques au niveau de l’entreprise

    Avant de déclencher des actions de prévention, l’entreprise a besoin de déterminer si cela est nécessaire et dans quelle mesure. Pour ce faire, plusieurs indicateurs peuvent être analysés. L’entreprise retiendra les indicateurs pertinents dans sa situation.
    Au niveau du fonctionnement de l’entreprise
    • Aménagement des horaires de travail (absentéisme, horaires atypiques…)
    • Mouvements du personnel (Turn over, postes non pourvus, proportion de travailleurs temporaires…)
    • Activité de l’entreprise (défauts de production…)
    • Relations sociales (moyens et actions du CHSCT…)
    • Formation et rémunération (pourcentage de salariés dont le salaire dépend du rendement…)
    • Organisation du travail (existence de flux tendus, pauses…)
    Au niveau de la santé et de la sécurité des salariés
    • Accidents du travail (taux de fréquence et de gravité, causes des accidents…)
    • Maladies professionnelles (nombre de troubles musculo-squelettiques déclarés ou reconnus…)
    • Situations graves (tentatives de suicide ou suicide, harcèlement moral ou sexuel reconnu, violences physiques)
    • Situations dégradées (plaintes pour harcèlement, violences verbales)
    • Stress chronique (nombre de symptômes physiques ou émotionnels, recours à des substances psychoactives…)
    • Pathologies diagnostiquées et prises en charge (hypertension, dépression, anxiété…)
    • Activité du service de santé au travail (nombre de visites spontanées, durée moyenne des consultations…)
    L’analyse doit porter sur la variation de ces indicateurs au cours du temps ainsi que les disparités au sein de l’entreprise ou par rapport aux données nationales. Leur suivi au cours de la mise en place des actions de prévention permettra d’évaluer les bénéfices de celles-ci.

    jeudi 9 avril 2015

    L’audit social


    Introduction
    L’audit, l’inspection et le contrôle sont trois termes interchangeables relatifs aux pratiques d’évaluation afin de vérifier si l’entreprise est en conformité avec un ensemble de normes. Toutefois, ces méthodes constituent trois éléments distincts de l’évaluation et fournissent dès lors un cadre utile pour l’analyse lors de l’audit des normes. L’entreprise est soumise à l’audit social afin d’évaluer les conditions de travail dans une installation ou une chaine de production.
    Contrairement à l’inspection, sa durée peut s’échelonner de quelques heures à quelques jours et procède en plusieurs étapes qui sont en théorie étroitement liées. L’examen de la documentation, l’inspection sur le lieu de travail et la conduite d’entretiens avec les cadres dirigeants constituent les composantes principales de l’audit social et sont en général exécutés par un vérificateur ou un groupe de vérificateurs.
    L’audit social ne s’appuie pas sur un contrôle permanent même si les procédures de suivi sont courantes. L’inspection sur le lieu de travail s’appuie sur une inspection directe des sites et s’accompagne d’éventuelles discussions informelles avec les travailleurs et les cadres dirigeants; elle peut se prolonger de quelques heures à quelques jours; d’autre part, certaines inspections sont annoncées, d’autres ne le sont pas.
    L’aptitude du vérificateur à faire preuve de perspicacité dans l’observation et le jugement portant sur les conditions du site constitue l’élément essentiel de l’inspection. Enfin, le contrôle s’appuie sur une surveillance suivie et régulière d’un dispositif mis en place par une ou plusieurs personnes. La caractéristique essentielle du contrôle réside dans un engagement et une présence permanents sur le lieu de travail. Contrairement à l’audit, le contrôle propose un point de vue plus approfondi et plus pertinent à long terme sur le lieu de travail . Il requiert également la présence permanente et l’engagement absolu des vérificateurs.
    Définition de l’audit social
    Un dirigeant d’entreprise a recours à un audit social pour faire vérifier et évaluer l’existence d’un écart entre la situation actuelle de l’entreprise et des décisions et dispositions préétablies.
    L’audit est un outil pour aider le pouvoir décisionnel de l’entreprise en fournissant des constats, des analyses objectives, des recommandations et des commentaires utiles. En faisant apparaitre des risques de différentes natures tels que le non-respect des textes.
    L’inadéquation de la politique sociale aux attentes du personnel, l’inadéquation aux besoins des ressources humaines, l’envahissement des préoccupations sociales peuvent mettre en péril l’entreprise.
    L’audit peut être demandé à titre préventif (pour apprécier, évaluer une situation à un moment donné T) ou à titre curatif (pour remédier à une situation qui se détériore).La partie sociale de l’entreprise, qui concerne essentiellement ses salariés, ne doit en aucun cas être négligée.
    En tant que repreneur, vous êtes soumis au Code du travail qui vous impose les dettes sociales de l’entreprise acquise : salaires, litiges, indemnités maladie, intéressement, primes diverses. Afin d’évaluer les risques sociaux inhérents à l’entreprise cible, vous devrez étudier notamment :
    • les accords sur les salaires et sur le temps de travail (examen de la convention collective),
    • les problèmes de qualification du personnel,
    • la pyramide des âges, le provisionnement des indemnités de départ en retraite.
    • les procédures d’information du comité d’entreprise,
    • les indices significatifs du climat social dans l’entreprise : conflits sociaux, communication, taux d’accidents et d’arrêts de travail,
    • le respect des obligations en matière d’hygiène et de sécurité, les comptes rendus des réunions (s’il y en a une).
    • les engagements envers le personnel, notamment en matière d’augmentation des salaires.
    • le détail des primes et commissions,
    • le taux de turn-over des salariés (nombre de ruptures de contrats de travail dans l’année notamment).
    Examinez avec attention les contrats avec les commerciaux salariés et tous les contrats particuliers.
    Les usages, la convention collective, les accords d’entreprise s’imposent aussi à vous. Voilà pourquoi il est souvent conseillé d’engager des négociations salariales quelques temps après la reprise afin de « remettre à plat » les pratiques et autres accords en vigueur.
    Dans les cas où des ajustements sont nécessaires, négociez avec le cédant de déterminer qui assumera la régularisation de ce qui doit l’être.
    Méthodologie de l’audit social
    Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, l’efficacité de l’audit social s’appuie sur trois composantes qui sont liées entre elles, à savoir l’examen de la documentation, l’inspection sur le lieu de travail, les interviews menées avec les travailleurs, les cadres dirigeants et les parties prenantes. Malgré une grande diversité au niveau de ces initiatives, toutes convergent vers ces composantes.
    Examen de la documentation
    L’examen de la documentation est une composante essentielle de l’audit social. On y a recours afin de contrôler les éléments relatifs à toutes les normes du travail, notamment celles qui concernent l’audit des salaires et des heures de travail. L’examen de la documentation ne s’avère pas particulièrement efficace en matière de liberté syndicale. l’examen ne fournit pas les informations nécessaires confirmant l’existence de la liberté syndicale, notamment parce qu’il est rarement soutenu par les orientations indispensables en matière de méthodologie.
    Inspection sur le lieu de travail
    L’inspection sur le lieu de travail est un aspect important de l’audit social. Elle fournit aux vérificateurs l’occasion d’avoir une vue d’ensemble des installations de production et leur donne la possibilité d’observer dans quelles conditions et dans quel environnement elles se déroulent, élément capital dans le cadre des normes relatives à la santé et la sécurité des travailleurs. Contrairement à l’examen de la documentation, les inspections sur le lieu de travail visent rarement à vérifier si la liberté syndicale est réellement respectée. L’objectif majeur consiste à constater l’existence de salles réservées aux réunions entre les syndicats et la direction, d’un emplacement pour les annonces et les documents du syndicat.
    Interviews
    La conduite d’interviews constitue probablement l’aspect essentiel de l’audit social. Elles consistent à mener des discussions avec les différentes parties et fournissent au vérificateur la possibilité de communiquer avec les travailleurs. Elles représentent la source la plus directe d’informations et, lorsqu’elles sont exploitées à bon escient, elles donnent une vue d’ensemble détaillée et fi able sur les conditions de travail dans l’installation de production. Il n’est donc pas surprenant qu’elles constituent la partie la plus développée de l’audit. En ce qui concerne la liberté syndicale, les interviews menées ont tendance à cibler les travailleurs et leurs représentants.
    Les communautés locales et les ONG. Les représentants des communautés locales sont interviewés en premier lieu afin de réunir l’information extérieure.
    Interviews avec les cadres dirigeants. Ces interviews donnent au vérificateur la possibilité d’approfondir les questions relatives à la liberté syndicale et à la négociation collective avec les cadres dirigeants.
    Interviews avec les travailleurs. La thématique des interviews se veut méthodique. Les questions essentielles couvrent divers aspects relatifs à la liberté syndicale et englobent la discrimination antisyndicale, l’action disciplinaire et l’ingérence des cadres dirigeants dans les activités syndicales.


    Le plan national d’amélioration des conditions de travail (PNACT)


    Le plan national d’amélioration des conditions de travail (PNACT) vise la vérification de la conformité au code du travail des entreprises de plus de 10 salariés

    Pour 2010, le PNACT vise l’amélioration des conditions de travail dans 12.295 entreprises réparties un peu partout au Maroc. Les inspecteurs du travail sont donc tenu de vérifier si les entreprises se plient au code du travail et en particulier par rapport à 5 critères. C’est le cas du travail des enfants, des femmes et des handicapés.

    Le code est clair: l’emploi des enfants est interdit. Il fixe aussi les conditions à respecter pour l’emploi des femmes surtout la nuit.

    Le ministère de l’Emploi compte aussi procéder à la vérification de l’application d’un certain nombre de dispositions relatives à la protection sociale des salariés.

    L’AMO et l’assurance contre les accidents du travail généralisée mais ignorée par certaines entreprises constituent les principaux points dont les inspecteurs du travail vont vérifier l’application.
    Les conditions et la gestion des relations du travail.
    Le respect du :
    - Smig,
    - prime d’ancienneté,
    - l’octroi du bulletin de paie,
    - le repos hebdomadaire,
    - le congé annuel
    - le paiement des jours de fêtes chômés

    La santé, la sécurité et la prévention des risques professionnels figurent parmi les priorités du département de l’Emploi compte insister auprès des entreprises.

    La mise en place des instances représentatives du personnel, à savoir :
    - les délégués des salariés,
    - les représentants syndicaux,
    - le comité d’entreprise
    - le comité d’hygiène et de sécurité
    figurent aussi parmi les critères fixés par le Plan national d’amélioration des conditions de travail.

    Pour sa mise en œuvre, le ministère de l’Emploi s’appuiera sur les organisations patronales et syndicales comme c’est le cas pour le PAN.

    La Conformité Sociale


    «Faire en sorte que les salariés soient heureux au travail». C’est l’essence même de la fonction de DRH et l’objectif que toute entreprise doit poursuivre. Et pour cause, les ressources humaines représentent aujourd’hui un avantage concurrentiel de taille. «Ce sont les hommes qui font la différence: qualité du service, écoute client, innovation… et non les avantages concurrentiels classiques qui disparaissent», insiste Abdellah Chenguiti, DRH de G4S et vice-président de l’Agef, lors d’une rencontre avec les DRH, membres de l’Association Nationale des Gestionnaires et Formateurs des Ressources Humaines (1).
    «La conformité sociale, qui se traduit par un comportement responsable envers les salariés, peut être un levier de motivation», renchérit Jamal Belahrach, Président Manpower
     
    Group Maghreb & Dom-Tom et président de la Commission Emploi et Relations sociales à la CGEM. Et d’ajouter: «Nous devons apprendre à être responsables». Cependant, la  conformité sociale semble loin d’être une préoccupation majeure pour les entreprises marocaines. Et les chiffres en attestent. En effet, seule une quarantaine d’entreprises ont reçu à ce jour le label CGEM pour la Responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) sur un total de 140.000 affiliées à la CNSS. De même, sur un total de plus de 3,5 millions de salariés dans le privé, seul un million est déclaré à la CNSS.
    «Dans un contexte de contestation, lié au printemps arabe, les entreprises doivent se prémunir contre tout conflit social via la conformité sociale», préconise Belahrach
    Selon Chenguiti, la conformité sociale obéit à une triple exigence. Elle est tout d’abord une exigence économique imposée par les donneurs d’ordre internationaux aux entreprises partenaires. Elle est aussi une exigence juridique que ce soit au niveau national (respect du code du travail) qu’au niveau international (respect des droits de l’Homme, des Conventions internationales du travail…). Il s’agit également d’une exigence d’ordre éthique (libertés syndicales, pas de travail forcé, égalité des chances, santé-sécurité…).
    Dans un contexte de crise caractérisé par l’instabilité de l’emploi, la GRH doit jouer son rôle qui consiste à rétablir la confiance, maintenir l’engagement pour surmonter la crise et maîtriser la masse salariale tout en préservant la motivation des salariés (équité, rétribution de la performance). Un équilibre difficile à atteindre.
    Certes les normes et labels se multiplient (PNM 00.5.601, label CGEM, charte de responsabilité sociale, plan d’amélioration des conditions de travail PNACT…), mais ils  restent pour la plupart lettre morte.
    «Les discours et les slogans moralisateurs font légion, mais dans la pratique, rien n’est fait», souligne Chenguiti. Sachant que les dispositions du code du travail restent inadaptées aux réalités de l’entreprise marocaine, selon les professionnels, notamment celles relatives à la médecine du travail, la durée des missions d’intérim, le remplacement obligatoire des départs à la retraite, les heures supplémentaires entre autres…
    A titre d’exemple, le code du travail impose aux entreprises de plus de 50 salariés d’embaucher un médecin à plein temps. Alors qu’en Tunisie, ce ratio est de 1 médecin pour 500 salariés et en France 1h par mois pour 20 employés.
    D’autres dispositions du code sont également pointées par les professionnels: un salarié peut-il refuser d’effectuer des heures sup ? Les indemnités de licenciements sont-elles cumulables? Quel statut pour le médecin du travail ?…
    En attendant l’amendement de la loi, Chenguiti préconise d’encourager les conventions collectives pour «suppléer aux insuffisances du code du travail, l’adapter aux réalités de chaque entreprise ou secteur et développer la culture du dialogue et de la paix sociale». De même, le rôle des inspecteurs de travail doit être renforcé, car aujourd’hui leur effectif reste en deçà des besoins : 500 inspecteurs, dont 300 opérations, soit un inspecteur pour 800 entreprises.




    Critères


    Selon Abdellah Chenguiti, DRH de G4S et vice-président de l’Agef, les critères de conformité sociale se résument au:
    -
     Respect des droits de l’homme: respect des conditions d’emploi et de travail des enfants (âge minimum, interdiction de travaux dangereux, visites médicales…), pas de travail forcé, pas de discrimination, pas d’harcèlement…
    -
     Relations sociales: libertés syndicales, délégués du personnel, dialogue social, négociation annuelle…
    -
     Conditions d’emploi : Contrat de travail, carte de travail, durée du travail, droit à la formation continue, équité salariale, respect du Smig, couverture sociale (CNSS, AMO, Assurances AT et MP)
    - Conditions de travail : Santé-Sécurité, médecine du travail, protection de la maternité, de l’enfance et des handicapés.





    Les Conventions Collectives



    Définition:

    La convention collective est un «contrat écrit» régissant les relations de travail
    conclu entre, d’une part, les représentants d’une ou plusieurs organisations syndicales des
    salariés les plus représentatives ou leurs unions et d’autre part, soit un ou plusieurs
    employeurs contractant à titre personnel, soit les représentants d’une ou plusieurs
    organisations professionnelles des employeurs.

    Objet :

    Les conventions collectives de travail contiennent les dispositions concernant les
    relations de travail notamment :

    •   La détermination du salaire de chaque catégorie socioprofessionnelle et les
        diverses échelles de rémunération en fonction des compétences professionnelles avec le
        respect du (SMIG) pour les salariés n’ayant aucune qualification 
    •   Les modalités d’application du principe « à travail de valeur égale, salaire égal »
    •   L’organisation de la formation continue en faveur des salariés dans le but d’assurer
        leur promotion sociale et professionnelle.
    •   Les dispositions arrêtées par les parties pour régler les différents sociaux tant
        individuels que collectifs : la différenciation des compétences professionnelles, les                 conditions d’embauche et de licenciement, la liberté syndicale, les diverses indemnités, la     couverture sociale, l’hygiène, la santé, la sécurité professionnelle, les conditions de
        travail et les facilités 
    à donner aux représentants syndicaux.
    •   Les clauses permettant la révision, la modification ou l’annulation de ladite
        convention collective.
        La convention collective de travail doit être déposée sans frais, aux soins de la partie
        la plus diligente, au greffe du tribunal de première instance compétent de tout lieu où elle     doit être appliqué et auprès de l’autorité gouvernementale chargée du travail.

    Types de conventions :

    La convention collective peut être signée pour : une durée déterminée ; une durée
    indéterminée ou à la réalisation d’un projet donné.
    Si la convention était à durée indéterminée, elle peut être résiliée à tout moment à
    l’initiative de l’une des parties contractantes à condition d’en aviser les autorités tant
    judiciaires qu’administratives «au moins un mois» avant la date prévue.
    Si le but de la résiliation est la révision de certaines clauses, il y a lieu de joindre à
    la demande le projet de modification envisagé.

    Obligations et sanctions :

    • Les entreprises se doivent d’afficher toutes les informations concernant la convention          collective afin que tout le personnel connaisse ses droits et ses obligations avec mise à leur  disposition d’une copie. A défaut l’entreprise est passible à des «amendes allant de 2.000 à  5.000 DH»

    • Les effets de cette convention continue quel que soit le changement juridique
      affectant l’entreprise.

    • Une «amende de 300 à 500 DH» par jour est due pour tout non-respect des
      clauses de ladite convention avec le double en cas de récidive sans que le montant ne    puisse dépasser 20.000 DH.

    • Les dispositions de la convention collective s’éteignent par la fin du contrat de
      travail original.

    mercredi 8 avril 2015

    Gestion de la masse salariale


    La gestion de la masse salariale de l’entreprise est une préoccupation majeures des entrepreneurs car elle constitue généralement un gros poste de dépenses et se rattache à l’élément primordial du bon fonctionnement de toute entreprise : son personnel.
    Nous allons donc aborder plusieurs points dans cet article au sujet de la gestion de la masse salariale avec notamment : le calcul, la gestion de la rémunération et le pilotage.

    1. Le calcul de la masse salariale

    La masse salariale est le cumul des rémunérations brutes des salariés de l’entreprise, correspondant aux salaires et primes des salariés au cours de l’exercice.
    Il s’agit donc du coût supporté par l’entreprise pour payer ses salariés auquel on retire les charges patronales. Ensuite, le calcul peut être différent en fonction de l’utilisateur :
    • le dirigeant qui établit un budget intégrera dans la masse salariale toutes les dépenses de personnel (charges patronales y compris),
    • les expert-comptables ou les comptables retiennent plutôt la définition indiquée ci-dessus (avec les provisions comptabilisées en fin d’année par exemple),
    • le service RH raisonne en rémunérations brutes…
    On retrouve le montant de la masse salariale sur le journal de paie global de l’exercice comptable concerné ou dans le compte de résultat annuel.

    2. La gestion des rémunérations

    Le montant de la masse salariale de l’entreprise est la résultante du nombre de salarié employés dans l’entreprise et de la politique de rémunération pratiquée.
    Il convient de suivre attentivement ce poste de dépenses qui est significatif (notamment dans les entreprises de services) et qui peut donc impacter la rentabilité de l’entreprise : la masse salariale représente de 20% à 80% du budget de dépenses en fonction de l’activité exercée.
    Attribuer la bonne rémunération à un salarié consiste donc à :
    • proposer un montant qui est intéressant pour l’entreprise si on le compare au chiffre d’affaires, à la marge ou au résultat supplémentaires générés grâce à l’embauche,
    • fixer un montant qui conviendra au salarié, que ce soit pour faire face à ces besoins ou pour ne pas proposer une rémunération inférieure à ce qui se pratique sur le marché (et donc risquer de perdre le salarié). Une entreprise qui ne paie pas assez ne parvient quasiment pas à engager du personnel qualifié ou à le retenir,
    • décomposer une partie de la rémunération en élément variable, dans un souci de flexibilité au cas où la conjoncture est compliquée ou si le salarié n’a pas effectué son travail correctement,
    • être cohérent avec les salaires moyens des autres salariés à niveau équivalent, au risque de créer quelques tensions…

    3. Le pilotage de la masse salariale

    Piloter efficacement la masse salariale de l’entreprise consiste à trouver le juste milieu entre deux éléments :
    • parvenir à satisfaire financièrement ses salariés, et donc les retenir et les motiver (même s’il ne s’agit bien entendu pas de l’unique facteur de motivation),
    • et faire en sorte que le poids de la masse salariale de l’entreprise soit conforme à son secteur d’activité et permette à l’entreprise de prospérer.
    La gestion de la masse salariale consiste donc à la fois à faire la gestion financière et de la gestion de personnel.
    Connaitre sa masse salariale et notamment son poids par rapport au chiffre d’affaires de l’entreprise est un précieux indicateur de pilotage pour le chef d’entreprise. Cela permet :
    • de se situer par rapport à ses principaux concurrents,
    • de vérifier que le ration masse salariale/chiffre d’affaires est conforme aux statistiques du secteur,
    • de fixer des objectifs financiers aux nouveaux embauchés.

     

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